Clarence de Sola – Résidence

1913 - 1920

Né à Montréal en 1858, Clarence de Sola (1858-1920) était un magnat des affaires, un éminent sioniste et un leader de la communauté juive canadienne. Il était le troisième fils du grand rabbin anglo-canadien Abraham de Sola, le dirigeant de la synagogue la plus ancienne de Montréal (la Shearith Israël), et d’Esther Joseph, la fille d’Henry Joseph, le patriarche de l’une des familles juives les plus renommées du Canada. Éduqué dans l’environnement privilégié du Golden Square Mile, Clarence jouait à la crosse et au football au High School of Montreal et fréquentait les enfants des écoles protestantes et juives de la ville. À l’école secondaire, on le surnommait « Historicus » en raison de son intérêt pour l’histoire. Au début de l’âge adulte, de Sola s’est lancé dans le commerce de fruits et légumes avec ses frères. Il a rapidement gravi des échelons en faisant des affaires, entre autres, dans les domaines de la construction navale britannique et de la fabrication de l’acier en Belgique. Les liens politiques qu’il entretenait avec le gouvernement libéral de Wilfrid Laurier ont favorisé son avancement économique, et ses liens d’affaire avec la Belgique l’ont amené à devenir, en 1905, le Consul Général de la Belgique à Montréal.

En s’appuyant sur l’imposant héritage de sa famille et sur celui des Juifs espagnols et portugais, de Sola s’est fortement impliqué, durant sa jeunesse, dans la vie communautaire des Juifs de Montréal. En effet, il a contribué à établir une succursale de la Anglo-Jewish Association [Association anglo-juive], qui avait pour mission d’aider les réfugiés à fuir les pogroms en Russie. En 1897, peu de temps après le premier congrès international sioniste, de Sola a été nommé président de la Federation of Zionist Societies of Canada [Fédération des sociétés sionistes du Canada], une position qu’il a occupée jusqu’en 1919. En tant que principal dirigeant de la cause sioniste au Canada, de Sola était en contact avec d’autres leaders sionistes à travers le monde, dont Theodore Herzl, à qui il a rendu visite peu de temps avant le décès de celui-ci en 1904. De Sola a inspiré la création du Jewish National Fund [Fond national juif], qui octroyait des fonds pour acheter des terres juives en Palestine. Entre 1909 et 1912, il a lui-même obtenu les premiers 10, 000$ du Canada dans le cadre de levées de fonds.

À titre de leader du sionisme canadien, de Sola était aussi de facto le dirigeant de la communauté juive canadienne, à une époque où il n’existait aucune autre organisation juive nationale. Tout en luttant pour maintenir l’indépendance de son groupe vis-à-vis de ses homologues américains, il était fier de deux choses : d’une part, du fait que les dons par habitant soient plus élevés chez les Canadiens qu’en Amérique et, d’autre part, du fait que son organisation intégrait toutes les facettes de la communauté, à la différence des États-Unis. Il a dirigé son organisation de façon soutenue. Après la Première Guerre mondiale, il s’est opposé à la création du Congrès juif canadien, estimant que son émergence et son fonctionnement démocratique étaient susceptibles de fragmenter la cohésion de la communauté et d’affaiblir la cause sioniste.

Un résident de Montréal durant toute sa vie, de Sola s’est aussi engagé dans plusieurs organisations locales, dont le Engineer’s Club et le Montreal Board of Trade. Il est décédé en 1920, à l’occasion d’une visite à Boston.

Par Richard Kreitner, traduit par Chantal Ringuet.

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