Peter Bercovitch – Résidence

1912 - 1937

Avocat et homme politique, Peter Bercovitch (1879- 1942) fut l’un des leaders du Montréal juif de la première moitié du XXe siècle. Son père, Hyman Bercovitch, oeuvrait dans l’industrie de la confection de vêtement et était, comme sa mère, Birdie Goldberg, émigrant de la Russie tsariste. Bercovitch naît en 1879 à Montréal. Élevé dans les quartiers juifs populaires de l’époque, il fréquenta les écoles publiques montréalaises avant d’étudier le droit à l’Université McGill puis il recommença ses études juridiques en français, cette fois à l’Université Laval à Montréal, plus tard appelée l’Université de Montréal.

Reçu au Barreau de la province de Québec le 26 novembre 1901 et pratiqua en solitaire jusqu’en 1905 avant de s’associer avec d’autres avocats et de fonder le cabinet Bercovitch, Cohen & Spector. Maîtrisant l’anglais comme le français, Bercovitch jouissait d’une enviable notoriété relatives à ses aptitudes d’orateur. Il acquit également la réputation d’être un jeune de la basse qui s’était fait un nom au sein de la haute, entre autres par ses membrariats au sein des club Montefiore et Reform ainsi que du Club Laurier du Parti libéral du Canada. Il fut fait conseil en loi du roi en 1911.

Élu en 1916 sous la bannière du Parti libéral du Québec dans la circonscription de Saint-Louis à Montréal, il fut réélu dans ce même comté à six reprises (1919, 1923, 1927, 1931, 1935 et 1936). Il était un politicien qui travaillait fort, mais souvent dans l’ombre. En campagne électorale, il n’était pas celui pour haranguer les foules, mais une fois qu’il siégeait parmi la législature, Peter Bercovitch assumait d’importantes responsabilités parlementaires en siégeant sur de nombreuses commissions.

Il travailla notamment, lors des années 1930, sur le projet de loi relatif aux écoles juives. Le bill Bercovitch proposait initialement que des écoles juives soient créées à Montréal si les administrateurs protestants et les Juifs ne savaient s’entendre sur les conditions de fréquentation des écoles protestantes. Après que Bercovitch ait donné plus de tonus à son projet de loi en y intégrant la création d’une section juive au Conseil de l’Instruction publique, le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau assura que le projet du député Bercovitch allait établir les fondations pour un nouveau système d’écoles dans la province.

Plus tard, en mai 1936, le chef de l’opposition, Maurice Duplessis convoque le Comité des comptes publics qui ne s’était pas réuni depuis plus de deux ans bien qu’il s’agissait d’un comité permanent chargé autrefois d’examiner annuellement les finances publiques. Fougueux, tenace et précis dans ses remarques, Duplessis assène un coup dur à encaisser au gouvernement corrompu de Louis-Alexandre Taschereau. En fidèle libéral, Peter Bercovitch tenta une défense quasi solitaire devant le chef de l’Union nationale. Ce tir de politique et la tentative de parage de Bercovitch ont d’ailleurs été immortalisés à l’écran, la scène réalisée par Denys Arcand est en fait le premier épisode de la série Duplessis parue en 1978.

En 1938, Peter Bercovitch fait le saut en politique fédérale à l’occasion d’une élection partielle dans le circonscription fédérale de Cartier – analogue à sa circonscription provinciale de 22 années – laissée vacante par la mort du député Samuel Williams Jacobs. Élu par acclamation sous la bannière du Parti libéral du Canada, il est réélu en 1940 et meurt en fonction à l’âge de 63 ans, deux mois après avoir été admis à l’hôpital. L’élection partielle dans Cartier qui s’ensuivit de la mort de Bercovitch fit rentrer à la Chambre des Communes Fred Rose, le premier député communiste de l’histoire du Parlement du Canada.

Compilé et Traduit par Xavier Lévesque

Pictures

Categories