Anglo Jewish Association – Oddfellows Chambers

1881 - 1882

L’Anglo-Jewish Association est une organisation communautaire juive montréalaise de la fin du 19e siècle centrée sur l’aide aux Juifs de l’étranger et aux réfugiés juifs arrivant au Canada. Fondée en 1881 en tant que branche de l’Anglo-Jewish Association de Londres, elle se composait à l’origine de membres éminents de la communauté, dont Clarence de Sola, et de jeunes Juifs bien intégrés à la vie anglophone montréalaise aux plans social et économique qui participaient aux œuvres philanthropiques. Ce groupe de Montréalais, sensibles aux besoins de leurs coreligionnaires moins fortunés, reflétait une attitude similaire à celle des élites juives britanniques telles les Montefiore et les Rothschild.

Dans les années 1880, lorsque les premiers réfugiés juifs qui fuyaient les pogroms en Europe de l’Est arrivèrent au Canada, l’Association mobilisa la population juive montréalaise pour leur venir en aide. À ce moment, la communauté n’était pas prête à accueillir un tel nombre de réfugiés et ses diverses organisations ont dû faire front commun pour y arriver. En 1882, l’Association anglo-juive se joignit à la Young Men’s Hebrew Benevolent Society et à la Ladies’ Hebrew Benevolent Society pour créer la Jewish Emigration Aid Society (JEAS). Ensemble, ces institutions ont coordonné l’aide aux réfugiés afin de les aider à trouver un emploi, un logement et à leur procurer de l’aide médicale lors de leur arrivée à Montréal à les relocaliser ailleurs au Canada ou aux États-Unis.

À l’instar de son modèle britannique, l’Anglo-Jewish Association pratiquait une philanthropie de type paternaliste. Elle représentait en effet un équivalent, chez les Juifs, des associations nationalistes de Montréal telles les St. Patrick’s et St. Andrew’s Associations chez les anglophones et la Société St-Jean-Baptiste chez les francophones. Pour les Juifs montréalais de la haute société, ces activités philanthropiques représentaient une certaine fierté, de même qu’une quête d’acceptation et de prestige dans la société montréalaise de l’époque.

Par Valérie Beauchemin

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