Camp I, Île-aux-Noix

1940 - 1943

Le Camp I de l’Île-aux-Noix ouvre ses portes le 15 juillet 1940 alors qu’arrivent 273 réfugiés juifs. Un ancien prisonnier se souvient que, aux yeux de nombreux gardes canadiens, «nous étions tous de dangereux nazis». Le commandant, le major E.D.B. Kippen, qui s’attendait à garder des prisonniers fascistes, fut déconcerté à la vue des internés, dont certains étaient visiblement Juifs orthodoxes. Selon son journal, les hommes arrivèrent au Camp sous une pluie battante dans un camp préparé à la hâte entre les murs de pierre du Fort Lennox. «Le désespoir était global», se souvient un autre ancien interné.

L’éducation était un moyen d’échapper à la monotonie de la vie quotidienne du camp. Les nombreux universitaires parmi les prisonniers ont mis sur pied une université populaire, où les détenus donnaient des conférences sur leurs sujets d’expertise. Finalement, une école officielle du camp a été créée. L’université Queen’s et d’autres universités canadiennes se sont impliquées dans l’entreprise et de nombreux détenus sont devenus leurs anciens élèves tel que le futur chimiste et homme d’affaires Alfred Bader. Autrement on s’adonnait à l’apprentissage de l’anglais, à des récitals de musique et à l’écriture. Les étudiants de la Yeshiva ont pu reprendre leurs études religieuses. Le rabbin Harry J. Stern de la synagogue du temple Emanu-El et le grand rabbin orthodoxe de Montréal, Zvi Hirsch Cohen, ont tous deux visité le camp à ses débuts. Malgré leur situation, les internés juifs ont même collecté des fonds pour aider les Juifs polonais.

Le Camp I a été officiellement classé comme camp de réfugiés le 24 juillet 1941. Il a fermé le 24 décembre 1943. Depuis la guerre, ces anciens internés font partie intégrante de la société canadienne. «Il n’y a pas un seul champ que vous regardez où vous ne trouvez pas un de nos garçons tout en haut. Rétrospectivement, je pense à la quantité incroyable d’avantages que le Canada a obtenus grâce à des personnes non désirées qui ont apporté tellement à la vie canadienne, de la littérature au textile en passant par l’éducation» rapporte un ancien enfermé du Camp I.

Compilé par Alison Dringenberg

Traduction par Xavier Lévesque

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