Hebrew Free Loan Association

1960 - 1993

La Hebrew Free Loan Association of Montreal a été créée en 1911 par l’homme d’affaires d’origine polonaise Zigmund Fineberg. Le but de cette association était de venir en aide aux plus démunis en leur permettant d’obtenir des prêts sans intérêt. Basée sur le précepte religieux juif de « gemiluth hasadim » (actes de bonté), l’idée de la HFLAM était de remplacer la charité par le prêt afin de permettre aux bénéficiaires de garder leur dignité et leur honneur. Ce genre d’initiative était populaire ailleurs dans le monde, comme par exemple à Londres, Manchester et New York.

Au cours de la période 1905-1913, le Canada a accueilli une vague d’immigration sans précédent. La majeure partie des nouveaux arrivants étaient des Juifs appauvris issus de l’Europe de l’Est. C’est dans ce contexte que Fineberg et ses compagnons (pour la plupart des Juifs uptowners de l’élite montréalaise) décidèrent de fonder la HFLAM dans le but de venir en aide à ces immigrants sans ressources. Les prêts servaient souvent à obtenir le capital nécessaire pour ouvrir un petit commerce, tel une épicerie ou une librairie. À la générosité des fondateurs de l’Association s’ajoutait une volonté de s’assurer que les classes démunies de la communauté juive ne soient pas laissées à elles-mêmes. Les membres de l’élite étaient conscients que les Juifs, qu’ils soient riches ou moins nantis, devaient être perçus comme un seul groupe ; pour cette raison, ils désiraient que ceux-ci projettent une image favorable. De manière générale, l’on voulait remplacer l’image du Juif usurier, sujet de nombreux préjugés, par le concept de prêt sans intérêt afin de prévenir l’antisémitisme.

Toutefois, Fineberg se butta à l’antisémitisme chez certains membres du gouvernement de Lomer Gouin qui refusaient d’accréditer l’existence de la Hebrew Free Loan sous prétexte que celle-ci était usurière. Certains politiciens ne pouvaient croire que des Juifs puissent faire preuve de bonne foi en accordant des prêts sans intérêt. La HFLAM fit alors appel à ses contacts influents pour se sortir de cette impasse juridique. Cet épisode démontre que même l’élite de la communauté juive se heurtait aux préjugés antisémites dans un contexte où la promotion du développement économique s’adressait surtout à la population canadienne-française.

Avec les années, la HFLAM prit de l’ampleur et se mérita une excellente réputation. En 2009, la société accordait un nombre élevé de prêts, soit jusqu’à 616 par année, ce qui représente un déboursé total de 2, 7 millions de dollars.

Par Valérie Beauchemin.

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