Martin Wolff – Résidence

1925 - 1948

Ingénieur, journaliste et un des premiers historiens de la communauté juive du Canada, Martin Wolff (1881-1948) est né le 16 décembre 1881 à Francfort-sur-le-Main, en Allemagne. Fils d’un marchand de vin nommé Julius Wolff et de son épouse Sarah, juive anglaise d’origine sépharade, Martin grandit en Angleterre et a reçu sa formation d’ingénieur. Il interrompit brièvement ses études universitaires lorsqu’il se porte volontaire pour l’armée britannique en tant qu’ingénieur électricien en Afrique du Sud pendant la guerre des Boers (1899-1902).

Quatre ans plus tard, Wolff immigre à Montréal avant de déménager à St-Casimir, toujours au Québec. Il y avait trouvé un emploi dans le domaine de l’arpentage et de la construction de chemins de fer. Il travaillait pour diverses compagnies de chemin de fer, dont la Canadian Northern Railway et la National Transcontinental Railway. Quand la guerre éclate en 1914, il est membre du corps d’entraînement des officiers à Québec. Il est ensuite attaché au ministère de la Milice et de la Défense et au ministère impérial des Munitions. Après la guerre, il est nommé ingénieur adjoint au département de l’économie de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada. Il a finalement rejoint le service d’ingénierie de la ville de Westmount. Sa fille, Annette, se souvient que « le génie civil impliquait l’accomplissement d’un travail jusqu’à la fin, puis de se mettre à chercher du boulot directement après — il n’y avait pas de sécurité d’emploi. Cette précarité l’a suivi sa vie durant. »

En 1909, Wolff épouse Irene Joseph, une descendante directe d’Aaron Hart, le couple s’établit ensuite à Montréal au début des années 1920. Wolff a été trésorier de la Synagogue Espagnole et Portugaise à partir des années 1920, et président du comité des archives du Congrès Juif Canadien de 1934 à 1948. En plus de ses nombreuses contributions à des périodiques, Wolff a écrit The Jews of Canada en 1925 pour l’American Jewish Committee, il s’agit d’une des premières études portant sur la communauté juive du Canada. On lui doit aussi une histoire de la compagnie du Canadien National (CN), à la demande de S.W. Jacobs.

Sa vie est bouleversée en 1940 alors qu’il perd sa femme Irene, atteinte d’un cancer, puis l’une de ses filles peu après. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Wolff a parrainé la libération d’Alfred Bader du camp I en hébergeant le jeune réfugié juif qui devint un célèbre chimiste par la suite. Bader se souvient que Wolff « est devenu la première figure paternelle de ma vie. » Wolff meurt le 8 mars 1948, alors qu’il est en vacances à la Barbade.

Compilé par Alison Dringenberg

Traduit par Xavier Lévesque

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